Protocole pansement plaie chirurgicale : étapes et conseils essentiels
Choisir le bon pansement pour une plaie chirurgicale : critères et étapes essentielles La prise en charge d’une plaie chirurgicale à domicile…
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Les escarres sont des lésions cutanées qui peuvent survenir chez des personnes immobilisées ou dont la peau est fragilisée, notamment les personnes âgées, les patients en situation de handicap ou ceux alités longtemps. Elles évoluent en plusieurs stades, du simple rougissement à une plaie profonde. L’escarre de stade 3 correspond à un stade avancé où la peau est abîmée jusqu’à l’hypoderme, la couche sous-cutanée.
À ce stade, la peau présente une plaie ouverte qui atteint la couche profonde de la peau, l’hypoderme. La couche superficielle et les couches plus profondes de la peau sont détruites, ce qui entraîne une perte importante de tissu. On peut observer une zone parfois nécrosée (tissu mort) ou fibrineuse, qui nécessite une attention particulière. L’escarre peut être douloureuse ou non, selon la sensibilité du patient et l’atteinte nerveuse.
La plaie peut avoir une couleur rouge vif, jaune ou noire, selon la présence de nécrose, d’exsudat (écoulement) ou de tissu fibrineux. Par exemple, une escarre avec un tissu noir indique une nécrose importante, alors qu’une plaie rouge avec un exsudat clair peut correspondre à une phase de cicatrisation. Il est important de noter que ce type de plaie nécessite une prise en charge adaptée et un suivi régulier par un professionnel de santé pour éviter l’aggravation.

Une escarre de stade 3 expose à plusieurs risques majeurs. La plaie ouverte est une porte d’entrée pour les bactéries, ce qui peut entraîner une infection locale (cellulite, abcès) voire une infection plus grave comme une septicémie. Une infection retarde la cicatrisation et peut mettre en danger la vie du patient.
La douleur liée à l’escarre peut être importante, affectant la qualité de vie et le bien-être du patient. Il est aussi possible que la douleur soit moindre si les nerfs sont endommagés, ce qui ne signifie pas que la plaie est moins grave.
Une surveillance attentive est indispensable pour repérer tout signe d’aggravation : rougeur qui s’étend autour de la plaie, chaleur locale, odeur désagréable, écoulement purulent, fièvre ou malaise général. Ces signes doivent amener à contacter rapidement un professionnel de santé, car ils peuvent indiquer une infection ou une complication.
Les soins pour une escarre de stade 3 sont réalisés sur prescription médicale. L’infirmier ou l’infirmière adapte le pansement en fonction de l’état de la plaie et veille à maintenir un environnement propre et humide favorable à la cicatrisation, car un milieu trop sec ou trop humide est défavorable.
Le professionnel de santé commence par nettoyer délicatement la plaie avec un produit adapté, souvent une solution saline stérile. Ensuite, il enlève les tissus morts (dégragement) si nécessaire pour favoriser la régénération. L’application d’un pansement spécifique, qui peut être hydrocolloïde, alginate ou autre selon l’exsudat et la profondeur, est essentielle pour protéger la plaie et faciliter la cicatrisation.
Ces soins sont renouvelés régulièrement, parfois plusieurs fois par semaine, selon la prescription et l’évolution de la plaie. La fréquence des soins dépend aussi de la quantité d’exsudat et du risque infectieux.
En plus des soins locaux, il est important de prévenir la pression sur la zone concernée. Par exemple, il est recommandé de changer régulièrement de position, au moins toutes les deux heures pour un patient alité, pour éviter la stagnation de la pression et favoriser la circulation sanguine. L’utilisation d’un matelas adapté, comme un matelas à air ou en mousse viscoélastique, peut également réduire les points de pression.
Maintenir une bonne hygiène de la peau environnante est aussi crucial pour éviter les macérations ou irritations qui pourraient aggraver l’escarre.
Ces éléments sont essentiels à communiquer à l’infirmier, au médecin traitant ou à un autre professionnel de santé afin d’adapter les soins rapidement. Un suivi régulier permet de détecter précocement toute complication et d’éviter une aggravation.

Avant de contacter un professionnel de santé, il est utile de rassembler certaines informations pour faciliter l’évaluation à distance et orienter rapidement vers la prise en charge appropriée :
Préparer ces informations permet au professionnel de santé de mieux comprendre la situation et de conseiller au mieux, que ce soit un rendez-vous à domicile, une consultation ou une hospitalisation si nécessaire.
Par exemple, une patiente âgée alitée suite à une fracture du col du fémur développe une escarre au niveau du sacrum. Son aidant familial, formé par l’infirmier, note que la plaie, initialement rouge et peu profonde, est devenue plus étendue avec du tissu jaune et un léger écoulement. La douleur semble augmenter. Ces observations sont transmises à l’infirmier qui ajuste le pansement et alerte le médecin traitant pour une évaluation plus approfondie.
Dans un autre cas, un patient diabétique avec une escarre au talon doit être surveillé de près car la cicatrisation peut être plus lente et le risque infectieux plus élevé. La coordination entre le patient, l’aidant, l’infirmier et le médecin est essentielle pour assurer un suivi optimal.
Pour plus d’informations fiables, vous pouvez consulter les informations de l’Assurance Maladie sur les plaies chroniques ou les recommandations et ressources de la Haute Autorité de Santé.
Si la plaie s’aggrave vite, devient très douloureuse, dégage une odeur inhabituelle, s’accompagne de fièvre, de malaise, d’un écoulement important ou d’un changement brutal de l’état général, il faut demander un avis médical sans attendre. Selon la gravité, contactez le médecin, l’infirmier qui suit le patient, le 15 ou le 112.
Avant de contacter un professionnel, rassemblez les ordonnances, traitements en cours, antécédents importants, date d’apparition du problème et signes d’évolution. Notez la douleur, la fièvre, les changements de couleur, d’odeur ou d’écoulement, ainsi que les difficultés de mobilisation. Ces informations ne remplacent pas l’examen clinique, mais elles aident le soignant à évaluer la situation et à décider de la suite.
En cas d’aggravation rapide, de malaise, de douleur importante, de fièvre ou de symptôme inquiétant, il faut demander un avis médical sans attendre, en contactant le médecin, l’infirmier, le 15 ou le 112 selon la gravité.